Écran

Texte, voix : Jérôme Game

Chorégraphie, danse : David Wampach

Lumière, Scénographie : Aurélien de Fursac

Production : actOral/​SACD/​Uzès Dance CDC

Dates : actOral.10 (2010)

Un texte. Des corps. Le cinéma.
Un texte parlant de corps à l’écran ; un corps partant du son et des images ; un corps lisant.
Les bruits, les couleurs, les humeurs de lʼécran passant par la voix, mettant le corps sous tension, recomposant le cinéma.

Écran, Jérôme Game, David Wampach - Photo © Sophie Laly

Il faut regarder sa feuille ; il faut regarder le papier ; il faut se tenir droit, avoir les pieds plantés, le diaphragme bandé, le bas du dos calé. Mais il faut aussi, et au même moment, avoir les épaules relâchées, le cou relâché, la tête axée, et surtout la cage thoracique, les poumons flexibles, lestes, bombés d’air, remplis d’air, expirés, contractés, vidés, et ainsi de suite. Etre droit, le texte tenu fermement à la main, aux bras, juste en face des yeux. En même temps ne pas bloquer la sortie d’air, la bouche dans l’espace, la salle. Etre axé à la fois longitudinalement et latéralement, dans le lieu et vis-​à-​vis du texte, du papier. L’échappement et le moteur. Le diaphragme et le trou de la bouche en couplage inversé. Pouvoir regarder, pouvoir faire face simultanément au papier et au vide, dans le même geste d’inspiration/expiration, expectoration/​articulation, énonciation/​adresse.

Écran, Jérôme Game, David Wampach - Photo © Sophie Laly
Écran, Jérôme Game, David Wampach - Photo © Sophie Laly

Et pendant ce temps-​là, à côté de moi, à travers ce que je dis, a lieu la danse. Les corps des deux danseuses se déploient et se lient, s’emparant du rythme qui sort de moi. Qui lit qui ? Intensités en voisinage. Jeux d’asymptotes. Devenirs des énergies, des captations et sensations, des signes. Altérités expressives. Quelque chose se répand et relie, se décode et est recodée à la vitesse de la lumière renvoyée par les corps-​mouvements, à celle du sonsens, si juste expression de Dominique Fourcade. C’est prenant d’être dans cette focale-​là, cet écho-​là. Et pourtant s’y éprouve l’éventuelle puissance dé/​refigurative du texte.

Jérôme Game 

Avant de s’ouvrir à la création artistique, David Wampach étudie la médecine à la faculté de Montpellier. Ses expériences de spectateur l’amènent à s’intéresser au spectacle vivant : il se consacre dans un premier temps au théâtre, puis à la danse. Danseur et chorégraphe, formé au CCN de Montpellier dirigé par Mathilde Monnier puis à l’école bruxelloise P.A.R.T.S. d’Anne Teresa de Keersmaeker, Wampach emprunte dans sa démarche des influences théâtrales et plastiques issues de son parcours, qu’il inscrit dans l’Association Achles. Lauréat de la Villa Kujoyama, il est l’auteur de nombreuses créations tournant internationalement et est également le réalisateur d’un court-​métrage ainsi qu’intervenant dans plusieurs programmes de formations en France et au Chili.