Scène

 

Petit manifeste portatif.

 

 

De la perf’ ou

d’une écriture à venir

 


 

au format perf’ je

rien n’est dans le dur t

este

des allures-vitesses des j

e rembranche après l’

ormatparap, le form

ormat entre,

hybridep

oreux

 

Pas pour faire n’importe quoi tout-est-dans-tout savoir tout faire, non. Plutôt : passer à la limite des formats-types, les existants les oeuvres. M’emparer de ce dont j’ai besoin en eux, ce qui me sert de leur structure et puis déprendre, rebrancher localement.

 

La question du format de la perf’ c’est la question de l’usage en fait, la question pratique. C’est la question ex post aussi, ex ante : travailler à poser ses pinceaux, sa caméra, le corps des gens, l’éclairage dans un format-formé pour déboîter après. De petites provisions de format-formé il en faut pour pouvoir agencer, une idée de la forme pour suinter, fuir comme un tuyau crevé, et, ce faisant, affirmer un mixte, le format de ce qu’on a fait venant toujours comme par après, l’après-coup du formant.

 

Mais alors vous faites des p ? Vous faites des perfs’ ou du texte des livres ? Vous faites du théâtre ? Vous avez fait des vidéos je vois, vous faites des vidéos de poèmes ?

 

Mais comment ça marche tout ça ça s’emboîte ? Ça vient en un seul tenant ? Comment on classifie tout ça ça ressort de quoi ? C’est du ressort de qui ?

La scène ? Quelle scène ?

 

Les poètes n’ont rien à foutre sur une scène.

Les poètes se croient toujours sur une scène.

 

Du théâtre ? Du ciné ? De la vidéo ? Une danse ? Une exposition ? Une conférence ? Un concert ?

Format bizarre, format-formant paradoxal.

 

Une représentation ? Une projection ? Une déambulation ? Un auditoire ? Une salle de cours ? Une salle d’attente ?

 

Format-entre, format-rencontre entre formats, asymptote généralisée. Et les puissances des différents formats se frôlent, passent l’une dans l’autre, se contredisent, se tendent mutuellement, se font devenir.

 

Ça peut complètement foirer.

Ça peut potentialiser aussi, créer un mixte, format à venir, verra jamais le jour, for ever al fresco, séchera pas.

 

La poésie sonore en France La quoi ? la poésie action La secte ? la lecture-performance Erformée ? se trouve avoir inventé un format-formant ces dernières années La qui ?

 

C’est pas du théâtre, c’est pas du rock, c’est pas de la musique, c’est pas les lettres, c’est pas du cinéma, c’est pas les arts plastiques, c’est pas les arts du cirque, c’est pas l’art vidéo, c’est pas les arts de la scène, c’est pas une chorégraphie, c’est pas de la performance, c’est pas du dessin, c’est pas un récital, c’est pas les comédiens, c’est pas une exposition, c’est pas des projections C’est quoi ? c’est pas tout ça à la fois C’est quoi ?

 

Du sample ? Non. De la citation alors, du montage ? Des documents, du dispo ?

Oui mais non.

Mise en ellipse de toutes ces pratiques en fait, point de focalisation entre les tangentes qu’elles sont les unes aux autres, sérialisation des passages aux limites qu’elles représentent entre elles.

 

Par exemple another day dans la musique le son le jeu comme ça, l’écran le mur, je regarde l’plafond je repeins le mur en blanc, je ne sais plus comment j’m’appelle. J’accroche je synthétise des amorces comme ça ça va vite. Mise en place maigre. Potentiels, récits virtuels implicites, à la limite de l’abstrait ça fuit, ça s’échappe. ///// Différents rapports de sensibles fonctionnant moucharabieh, moucharabieh fait chaud ici, fait beau chez toi, tu vas bien ? Agencements. Agencements dans l’espace-temps. Rapport de rapports. Hybrides. Diffractés. ///// Textes-voix, sons, images & corps. Fictionner directement avec sound bites, sight bites ça dissout, reconfigure en même temps ça va bien ?  Mais qu’est-ce qu’y dit ? – Faudrait glisser, faudrait céder comme ça maintenant faudrait looking at the ceiling. Empty.

 

Ou alors :

 

Original soundtrack + bande-son, la V.O. sous-titrée + l’écrit ça donne quoi ? Ça donne bruitages à la radio + montage, bruits du montage, zoom audio. Ou : théâtre + coulisses + images, histoires + effets ça donne son, ça donne écriture via la scène, au musée.

 

Pas tout à la fois. Sélectionner soigneusement les effets plutôt. Factoriser les outils, marches à suivre, toujours en vue de l’effet. Maîtriser les différentes technicités en vue d’un tout comme non-spécialisable, désapproprié. Montages ultra-précis in situ, micro-montages + désappropriation in actu, sans mode d’emploi. Ad hoc à chaque fois. Sur pièce.

 

Théorie

 

< La lecture-perf’ comme méta-rond-point branché à d’autres ronds-points tournant en giratoire localement. Machine à capter des effets nonhomogènes, à les reconnecter entre eux et former ainsi une figure abstraite ultra-dense, très concrète en même temps, qui déstratifie tout à nouveaux frais, le rendant directement perceptible dans sa virtualité et ses puissances.

 

Méthode

 

< Ça joue sur tous les tableaux : images fixes, mouvantes, scènes, écrans, bruits, corps, sons, multipliés par texte et voix. On travaille avec, on rapporte et on pose, on fonctionne plus ou moins emmêlés. On voit où ça nous mène, ça peut marcher : il se passe quelque chose, de l’imprévu, x x y = z. Ou alors, plus retors : le mélange relance chacun dans son coin, ça s’est vu : x x y = x’ = y’. L’essai était un crochet en fait, voyage d’étude. Incursion, pilule d’altérité, ingestion, réaction = altération. Retour d’expérience. On met en commun pour voir ce que le voisin a en machine : comment il fonctionne, avec quoi il travaille. On se rapproche, en gros plan. On passe ses robes, enfile ses bottes, ‘s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage’. Excité, on s’invente une pénicilline pour son compte, sur ses bases : nouveauté, format.

 

Ma pente est là : commencer à partir en vrille depuis le commun, le faire suinter, faiblir, jusqu’à ce que tout son système cède et se mette à fuir de l’intérieur, jusqu’à ce que, amolli, retourné sur ses bords, il se retrouve en contact direct avec l’extérieur et se révèle force nouvelle instantanément : plasticité, invention.

 

Expirer comme un tuyau crevé. Mur blanc. Rebond polymorphe. Spin off.

 


 

 

Duo More Adaptations